© Antoine Mercusot

OBÉLISQUE DE LOUXOR

RESTAURATION DU PLUS ANCIEN MONUMENT DE PARIS

L’obélisque a été donné à la France en 1829 par le vice-roi d’Égypte Méhémet-Ali, en reconnaissance du travail de Jean-François Champollion sur le déchiffrement des hiéroglyphes. Il faisait partie d’une paire d’obélisques située devant le temple d’Amon de Louxor, mais dont seul celui qui orne aujourd’hui la place de la Concorde a été déplacé jusqu’à Paris, au prix d’une prouesse technique considérable. Installé en 1836, à l’initiative de Louis-Philippe, dans un lieu particulièrement emblématique de la capitale, l’obélisque de Louxor constitue un symbole des liens forts qui unissent l’Égypte et la France. Le monolithe, sculpté au XIIIème siècle avant notre ère, mesure 23 mètres de hauteur et pèse 222 tonnes auxquelles il faut ajouter les 240 tonnes du piédestal. Il est constitué d’un granit rose très pauvre en quartz provenant d’Assouan.

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La restauration de l’obélisque de Louxor marque le début des commémorations du bicentenaire du déchiffrement des hiéroglyphes par Jean-François Champollion.

Le conseil scientifique et technique de l’État exercé sur l’Obélisque de Louxor par le Laboratoire de Recherche des Monuments Historiques (LRMH) s’est focalisé sur la validation des protocoles de restauration, en particulier le nettoyage. Les inspections préalables ont montré que la restauration de l’édifice dépassait le simple cadre du nettoyage et nécessitait d’autres interventions de stricte conservation des épidermes altérés et desquamés. La société Kärcher, mécène de longue date ayant une expertise notable dans la restauration de monuments historiques, a proposé de réaliser un mécénat de compétences pour la restauration de l’obélisque de Louxor.

Nous avons été missionnés en 2021 pour l’opération comprenant la restauration du monolithe, de son piédestal, de son podium et de la grille de clôture. Celle-ci intégrait une phase de consolidation des zones desquamées du monolithe et un nettoyage adapté aux différents matériaux composant le monument. La restauration des surfaces desquamées du monolithe, fragilisées dans l’environnement agressif de Paris, nécessitait en outre une opération « chirurgicale » de consolidation superficielle à l’aide de produits silicatés destinés à restituer la cohésion matricielle originelle du granite d’Assouan. En complément, les fissures et la grande fracture d’origine qui affecte le monolithe, ont été traitées à l’aide de coulis injectés à la seringue et de micromortiers également d’origine silicatée afin d’assurer une compatibilité chimique des produits avec le granite.

© Antoine Mercusot
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Le socle en granite breton a été nettoyé à la vapeur d’eau et à l’hydrosablage, du sable très fin envoyé à haute pression pour désincruster la saleté. Le piédestal en granite breton a bénéficié d’un nettoyage à la vapeur d’eau uniquement afin de retirer les micro-organismes. Le pyramidion recouvert d’or 32 carats a quant à lui été nettoyé et redoré totalement à la faille d’or. Les grilles de clôtures ont fait l’objet d’une révision des pointes et du système de fermeture. Les sols dallés ont été rejointés. Cette restauration permet désormais aux Parisiens et aux touristes de redécouvrir ce monument emblématique de l’histoire de Paris sous son meilleur jour.

Lieu
Paris 8e
Type d’opération
Restauration
Programme
Culture
Maître d’ouvrage
DRAC Ile de France
Équipe
Chatillon Architectes
Budget
1 M€ HT
Calendrier
2021-2022